Les haenyos, les plongeuses de Corée du Sud

Âgée de plusieurs millions d’années, l’île de Jeju-do est née de l’éruption du volcan Hallasan, à 85 km des côtes de la péninsule coréenne. Son économie, reposant essentiellement sur la pêche sous-marine, a favorisé l’expansion de la communauté des Haenyos, ces femmes coréennes qui plongent en apnée dans la mer pour ramasser des coquillages, des algues, des oursins et autres fruits de mer. Capables d’atteindre des profondeurs de 15m, et de rester près de 2 minutes en apnée, elles peuvent passer jusqu’à 7 heures par jour dans l’eau а pêcher. Pendant plusieurs siècles, les femmes de Jeju-do nées dans un village de pêcheur se destinaient à devenir plongeuses. Débutant à l’adolescence, elles péchaient jusqu’à l’âge de 80 ans et plus. La communauté des Haenyeos se divise en trois niveaux selon l’expérience et les compétences : Sang-gun (le grade le plus élevé) suivi de Jung-gun, et Ha-gun.

À l’image des plongeuses japonaises, cette activité pénible et potentiellement dangereuse était réservée aux femmes pour des raisons physiologiques. En effet, grâce à la graisse qu’elles stockent naturellement dans le corps, les femmes supportent mieux que les hommes la pression de l’eau et peuvent donc rester plus longtemps dans la température glaciale de la mer qui descend parfois jusqu’à 8°.

A lire : Les Amas, les plongeuses japonaises

À l’origine mal considéré (car dangereux et réservé au plus pauvre), le travail des Haenyos est devenu, avec le temps, un objet de fierté sur l’île. En effet, leur pêche a rapidement constitué la principale source de revenu des familles – avant l’apparition du tourisme -, améliorant du même coup le statut de la femme dans la société très patriarcale coréenne.

Les années 70 ont marqué l’apogée et le début du déclin de cette activité. L’ouverture du marché des fruits de mer vers le Japon a enrichi ces femmes qui ont commencé à investir et à envoyer leurs filles à l’école. Mais plutôt que de reprendre le métier de leur mère, ces dernières se sont tournées vers des activités moins éprouvantes et autant lucratives comme l’industrie du tourisme qui a commencé à se développer sur l’île. Jeju do était en train de devenir une destination de vacances prisée des Coréens, mais également des Chinois et Japonais.

D’environ 30 000 dans les années 1960, le nombre d’Haenyos est passé à 5 000 aujourd’hui, dont 85 % ont plus de cinquante ans.

 

Le photographe coréen Hyung S. Kim est allé à la rencontre de ces femmes, pour la plupart grand-mère – dont il a photographié le portrait.

haenyeo-women-of-the-sea-Hyung S-Kim

haenyeo-women-of-the-sea-6-Hyung S-Kim

haenyeo-women-of-the-sea-4-Hyung S-Kim

haenyeo-women-of-the-sea-3-Hyung S-Kim

haenyeo-women-of-the-sea-2-Hyung S-Kim

haenyeo-women-of-the-sea-1-Hyung S-Kim

 

Le photographe Seo Jae Chul, originaire de l’Île a capturé la vie quotidienne de ces femmes pendant les années – de transition – 1970.

vernaculaire-jeju-do-Seo Jae Chul
vernaculaire-jeju-do-Seo Jae Chul-9
vernaculaire-jeju-do-Seo Jae Chul-8
vernaculaire-jeju-do-Seo Jae Chul-7
vernaculaire-jeju-do-Seo Jae Chul-6
vernaculaire-jeju-do-Seo Jae Chul-5
vernaculaire-jeju-do-Seo Jae Chul-4
vernaculaire-jeju-do-Seo Jae Chul-3
vernaculaire-jeju-do-Seo Jae Chul-2
vernaculaire-jeju-do-Seo Jae Chul-1

You may also like

Leave a comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.