James Turrell – entre la terre et le ciel

Le Sculpteur de la lumière

Artiste légendaire américain, James Turrell élabore depuis les années 1960 une œuvre monumentale qui explore la relation entre la perception, la lumière, la couleur et l’espace. En manipulant la lumière naturelle et artificielle dans des espaces, il crée des installations qui bouleversent les repères du spectateur et qui interrogent sur le décalage entre la perception visuelle et émotionnelle de l’espace.

 

Les Skyspaces

Emblématiques de son œuvre, les Skyspaces sont des installations architecturales situées la plupart du temps dans un milieu naturel. Pour cette raison, ils sont assimilés au Land Art. Rectangulaires ou circulaires, ce sont des pièces closes, peintes d’une couleur unie et ouvertes sur le ciel. Les skyspaces sont des espaces méditatifs qui permettent d’observer le ciel à travers un cadre hypnotique pour en percevoir les moindres nuances qui ne cessent d’évoluer au cours de la journée. Un jeu de lumière, encadrant les découpes zénithales, altère la perception des spectateurs. Par ce procédé immersif, l’œuvre de James Turrell dépasse le simple cadre visuel pour devenir sensoriel, mental et tactile. Le visiteur y fait l’expérience de la lumière, du temps qui passe et de sa relation avec le monde.

Roden crater

James Turrell a bâti près de 80 Skyspaces à travers le monde, le plus connu étant le Roden Crater, toujours en construction.
Situé dans le nord du désert de l’Arizona, le Roden Crater est un cratère de volcan éteint, vieux de 400 000 ans, qu’achète James Turrell en 1977. Projet monumental (et au cout pharamineux), il est toujours en construction. Il aménage le volcan en y creusant des chambres d’observation ouvertes sur des portions précises du ciel qui mettent en valeur des phénomènes célestes particuliers.

Ce qui m’intéresse dans le projet Roden Crater, c’est de transposer le caractère artificiel de l’art dans un cadre naturel. Je ne voulais pas que mon travail marque la nature, mais qu’il soit intégré dans la nature de telle sorte que la lumière du soleil, de la lune et des étoiles prennent possession des lieux. Je voulais un espace qui vous donne conscience que vous vous tenez debout sur terre, un endroit comme le Grand Canyon qui vous fasse ressentir le temps géologique. Ensuite, je voulais créer des espaces engagés dans des phénomènes célestes lumineux. Le travail que je réalise intensifie l’expérience de la lumière en l’isolant et en occultant toute autre lumière. J’ai sélectionné différentes parties du ciel et un nombre limité de phénomènes astronomiques pour chacun des espaces.

 

 

 

 

Né en 1943 à Los Angeles, James Turrell vit et travaille à Flagstaff en Arizona. Après des études de psychologies et de mathématiques, il obtient une maîtrise d’art. À partir du milieu des années 1960, il commence à expérimenter la lumière comme matériaux artistique.

Ses premières œuvres

En 1966, Turrell s’installe dans un immeuble en Californie, où il se lance dans une série d’œuvres révolutionnaires explorant les façons dont la lumière peut manipuler la perception de l’espace. Dans Afrum I (White) (1967), l’un des premiers de la série Cross Corner Projections, les visiteurs rencontrent un cube incandescent flottant dans le coin d’une pièce. Ce qui semble d’abord être un objet solide se révèle être des plans de lumière simples. La Single Wall Projection Prado (Blanc) (1967), d’autre part, semble dématérialiser l’espace, dissoudre le mur et créer un passage vers un espace inconnu au-delà. Le Shallow Space Construction Ronin (1968) inverse cet effet, émettant de la lumière de sorte qu’une fissure architecturale verticale apparaît comme un plan solide et dématérialise la paroi sombre.

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