Nan Goldin, la mémoire photographique

A l’instar de photographe comme le japonais Araki, Nan Goldin a étroitement entremêlé sa vie et son oeuvre qui constitue son journal intime photographique. A partir des années 1980, elle commence à photographier sa vie à New York, son groupe d’amis, les moments de joie et de peine. Sans filtre ni pudeur, elle enregistre compulsivement son quotidien, les fêtes, le sexe, les débauches d’alcool, de drogue, la violence, la maladie et la mort. Ce qui l’intéresse avant tout, c’est le comportement physique des gens, leur relation, leur sexualité et leur identité sexuelle. Principalement issus du milieu gay et underground, nombreux de ses amis décèdent, victimes de la drogue et du sida qui fait son apparition dans les années 80/90. Elle photographie leur vie quotidienne jusqu’à leur mort. Ses photographies sont souvent jugées insoutenables et dérangeantes. Pour Nan Goldin, l’acte de photographier est surtout un exutoire face au deuil.

Née en 1953 à Washington D.C dans une famille bourgeoise, Nan Goldin est rapidement confrontée à la mort. Quand elle a seulement 12 ans, sa soeur se suicide. La photographie devient alors pour elle le moyen de communiquer avec le monde, mais aussi de ne plus jamais perdre le souvenir de personne. Plutôt que l’underground et les fêtes, les photographies de Nan Goldin parlent de la condition humaine, de la douleur et de la difficulté de vivre.

 

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